Municipales : Laurent Soulié veut imposer un “changement de cap” en matière d’urbanisme
- 1 mars
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À Tournefeuille, la question du cadre de vie s’impose comme l’un des axes majeurs de la campagne municipale. Laurent Soulié, conseiller municipal et candidat à la mairie, dévoile un projet structuré autour d’un objectif clair : rompre avec la logique quantitative des dernières années pour bâtir un urbanisme maîtrisé, cohérent et résilient.
« Tournefeuille n’a pas besoin de plus de béton, elle a besoin de plus de vision »
La formule résume la ligne défendue par le candidat. Pour Laurent Soulié, l’enjeu n’est pas d’arrêter de construire, mais de construire autrement.
« L’urbanisme doit être pensé dans sa globalité : équipements publics, infrastructures, voies de circulation, commerces, services. On ne peut plus empiler des logements sans vision d’ensemble », déclare-t-il.
Son équipe revendique une approche inspirée de la ville du “quart d’heure”, où chaque habitant peut accéder aux services essentiels à proximité. Une manière, selon lui, de replacer la qualité de vie au cœur des décisions.

Mettre fin à la “politique du chiffre”
L’une des mesures phares du programme "Un Autre Avenir" portée par sa liste consiste à rompre avec ce que Laurent Soulié qualifie de “politique du chiffre”.
« Nous placerons la qualité des réalisations devant la quantité de logements produits. La priorité ne sera plus de battre des records de construction, mais de garantir des projets à taille humaine et bien intégrés. »
Les petits collectifs seront privilégiés face aux grands ensembles. Les promoteurs seront incités à intégrer davantage de végétalisation, de sobriété énergétique et à limiter l’artificialisation des sols.
Un chiffre illustre l’enjeu, selon le candidat : « Plus de 2 000 nouveaux logements sont actuellement en projet sur la commune dans les cinq prochaines années, soit environ 40 % de plus que les objectifs fixés par la Métropole, dont plus de 700 logements sociaux. »
Logements sociaux : clarifier le débat
Le candidat souhaite également remettre en perspective le débat sur les obligations légales.
La loi SRU impose 25 % de logements sociaux aux communes situées en zone dite “tendue”, où la pression immobilière est forte. En dehors de ces zones, l’objectif légal reste fixé à 20 %. Tournefeuille, qui n’est pas classée en zone tendue, est aujourd’hui proche de 19 % de logements sociaux.
« Nous sommes quasiment à l’objectif légal de 20 %. Rien n’impose d’aller au-delà. Le passage à 25 % dépendrait d’un classement national en zone tendue, régulièrement réévalué. Or les derniers ajustements nationaux ont plutôt relevé certains seuils, ce qui éloigne cette perspective », précise-t-il.
Il critique également l’abaissement à 500 m² du seuil déclenchant l’obligation d’intégrer 35 % de logements sociaux dans les nouveaux programmes :
« Un petit projet de dix logements doit désormais en réserver quatre aux bailleurs sociaux. Nous proposons de revenir à un seuil de 1 000 m² pour préserver un urbanisme plus équilibré. »
Réviser le PLUi-H : des choix structurants
Laurent Soulié annonce vouloir demander une révision du Plan Local d’Urbanisme intercommunal et d’Habitat (PLUi-H) dès le début de la prochaine mandature.
Parmi les orientations affichées :
Requalifier la zone Socamil en zone d’activités économiques plutôt que d’y développer massivement du logement ;
Remonter le seuil de déclenchement des obligations de logements sociaux de 500 m² à 1 000 m² de surface de plancher, comme à Blagnac et Balma ;
Adapter l’offre de logements aux besoins réels, avec une meilleure répartition des logements sociaux selon leur typologie.
« Tournefeuille n’est pas condamnée à copier les choix faits ailleurs. Nous devons défendre notre identité et notre équilibre », ajoute-t-il.
Ferro-Lèbres : vers un quartier vivant et concerté
Concernant la ZAC de Ferro-Lèbres, Laurent Soulié ne propose pas l’abandon pur et simple du projet, mais sa redéfinition : « Nous voulons un quartier vivant et convivial, incluant des commerces de proximité, des équipements sportifs et des services de santé. Cela doit se faire en concertation avec les riverains. »
L’objectif affiché est clair : éviter la création d’un ensemble résidentiel dense sans services adaptés.
Sanctuariser les espaces naturels
Le programme prévoit également :
La protection des espaces naturels remarquables contre la pression immobilière ;
L’annulation de la troisième phase du projet “Petite République” ;
Une vigilance accrue face à l’artificialisation des sols.
Pour le candidat, la transition écologique ne peut être dissociée des choix d’urbanisme :
« Construire mieux, c’est aussi construire en tenant compte du défi climatique. Végétaliser, désimperméabiliser, prévoir des bornes de recharge pour véhicules électriques dans chaque nouveau collectif : tout cela doit devenir la norme. »
Un Conseil citoyen de l’urbanisme
Au-delà des orientations techniques, Laurent Soulié souhaite instaurer une nouvelle méthode. Il propose la création d’un “Conseil citoyen de l’urbanisme” réunissant habitants, commerçants, architectes et urbanistes.
« Nous construirons la ville de demain avec ceux qui y vivent. L’urbanisme ne doit plus être une décision descendante, mais un projet collectif. »
Conclusion : un cap assumé
À travers ces propositions, Laurent Soulié entend faire du cadre de vie l’un des piliers de son projet municipal.
« Notre ambition est simple : un urbanisme maîtrisé, concerté et cohérent. Tournefeuille mérite une vision d’ensemble, pas une accumulation de programmes. Elle mérite un autre avenir », conclut-il.



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